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Please use this identifier to cite or link to this item: http://hdl.handle.net/1834/2884

Title: Rapport national sur l'état de l'environnement marin et côtier
Corporate Author: Direction de l'Environnement et des Etablissements Classés, Dakar (Sénégal)
ASFA Terms: Deltas
Ecosystems
Mangroves
Coastal erosion
Marine environment
Marine mammals
Shark fisheries
Turtle fisheries
Aquatic birds
Fishermen
Migrations
Flora
Fisheries
Marine pollution
Fishing nets
Climatic changes
Issue Date: 2002
Abstract: Le domaine maritime sénégalais s’étend de 18°00 N, -20°00 W, -16°30 E, 12°15 S ; la presqu’île du Cap-Vert située entre 14°30 N et 15°00 N le divise en deux zones aux caractéristiques topographiques distinctes. Au nord, le plateau continental est peu étendu vers le large et orienté Nord-Nord/Est. Au sud de la presqu’île, le plateau s’élargit et le talus continental est orienté nord-sud. L’embouchure du fleuve Sénégal au Sénégal au Nord de la presqu’île du Cap-Vert et celles de la Gambie et de la Casamance au Sud constituent également un trait marquant de cette région. Les travaux réalisés au Sénégal en océanographie ont montré : - l’existence de deux saisons marines aux caractéristiques très différentes qui se succèdent : une saison chaude de juillet à octobre et une saison froide de décembre à mai. Ces deux saisons sont séparées par des périodes de transition. Pendant la saison froide, les alizés (vent de secteur nord-ouest à nord-est) s’établissent et engendrent à la côte une résurgence d’eau profonde (upwelling) vers la surface ; - la mise en évidence de systèmes de grands courants aux caractéristiques différentes : le courant des Canaries et le contre courant équatorial ; - la description de trois grandes houles au large du Sénégal : o la houle de Nord-Nord ouest qui a lieu toute l’année o la houle de Sud-Sud ouest apparaissant pendant l’hivernage o la houle d’ouest possible aux environs du mois de novembre. Le littoral sénégalais représente une zone d’intérêt stratégique à la fois sur le plan démographique, économique et environnemental. Les milieux naturels, dans un état de conservation relativement préservé, produisent des ressources vitales pour les 11 millions d’habitants peuplant le Sénégal. L’économie nationale sénégalaise est très dépendante de ces ressources côtières et marines qui constituent les principales recettes en devises, qu’il s’agisse de pêche ou de tourisme. L’analyse de la situation et des tendances montre que la zone côtière fait l’objet de pressions diversifiées et de plus en plus lourdes. Ces pressions se traduisent souvent par des conflits d’intérêts entre les différents secteurs et par des impacts qui génèrent une dégradation de l’environnement et des conditions de vie des populations. Cette évolution risque ainsi de compromettre les potentialités de développement offertes par les 700 Km de littoral sénégalais. La pression démographique se développe préférentiellement sur la zone côtière qui accueille déjà près de 60% des habitants, notamment dans les centres urbains et les capitale, toutes situées en bord de mer, et qui continuent à recevoir des populations en provenance de l’intérieur, réfugiés climatiques ou économiques, ou simplement jeunesse attirée par les « lumières de la ville ». Cet exode, à l’origine de dysfonctionnements des systèmes de production ruraux qui manquent peu à peu de main d’oeuvre, contribue à son tour à générer des perturbations au niveau des centres urbains où la misère se substitue parfois à la pauvreté.
Les besoins en matériaux de construction consécutifs à cette évolution démographique entraînent des prélèvements massifs de sable sur les plages qui ont à leur tour des conséquences négatives sur l’érosion et la protection du littoral. La fragilisation des cordons dunaires augmente ainsi les risques d’inondations des terres, la ville de Saint Louis étant particulièrement vulnérable à cet égard. Les besoins en développement ont conduit à la réalisation d’infrastructures le long du littoral. Ces constructions, qui tiennent trop rarement compte des contraintes environnementales, ont entraîné des répercussions structurelles sur l’équilibre de la zone côtière. Ainsi, les barrages anti-sel, tel le barrage de Diama sur le fleuve Sénégal, ont entraîné des répercussions sur le fonctionnement de certains écosystèmes côtiers. En condamnant les influences des apports d’eau douce ils appauvrissent les milieux situés en aval, stérilisant peu à peu des zones riches en ressources ainsi que les économies et les cultures qui en dépendent. Le ralentissement des courants et la baisse de salinité en amont du barrage favorisent l’apparition de certaines plantes envahissantes, telles que la bilharziose ou le paludisme. Les effectifs de poissons dépendant de milieux à salinité variable sont directement affectés, expliquant par exemple une chute de près de 70% des captures dans le bas delta du Sénégal. Les besoins du développement se traduisent également par l’amélioration ou la création d’axes routiers qui, dans la majorité des cas, longent la zone côtière. Ces ouvrages entraînent des impacts directs sur l’environnement, tels la destruction des mangroves là où les routes barrent l’écoulement des marées (exemple de la route Samba Dia – Djifère. Les systèmes de production traditionnels sont en règle générale peu préparés à faire face à des circuits de commercialisation organisés à une échelle régionale ou internationale, où à des technologies plus performantes, et éprouvent des difficultés à maintenir un contrôle sur leur terroir. Faute de pouvoir opérer une métamorphose rapide de leur système de production, le risque existe de voir peu à peu disparaître des savoir-faire d’une grande valeur dans la gestion même de ces territoires et de leurs ressources et , plus généralement, des cultures qui leur sont associées. Le développement industriel exerce des impacts potentiels ou réels de grande magnitude sur la zone côtière et marine. Les secteurs les plus significatifs à cet égard sont le tourisme et les hydrocarbures. Concernant le premier, les infrastructures, principalement orientées vers le tourisme balnéaire, sont en grande majorité installées à proximité directe de la zone côtière. L’absence quasi généralisée d’études d’impacts approfondies et indépendantes a conduit à de nombreux échecs. Ainsi, la plupart des projets ont été pensés et réalisés sans tenir suffisamment compte des contextes socio-économiques, culturels et environnementaux dans lesquels ils s’insèrent. Certaines réalisations ont été planifiées sur des secteurs soumis à une forte érosion littorale, compromettant de façon irrémédiable non seulement les investissements mais l’utilisation ultérieure du site, comme cela s’est produit sur les plages au sud immédiat du Cap Skirring. Les questions relatives à la disponibilité en eau douce qui se posent de façon cruciale dans le Saloum par exemple, à la gestion des déchets et des eaux usées ne sont que rarement prises en considération de façon structurelle et durable, conduisant à la dégradation de l’environnement ou à des conflits avec les communautés locales qui nuisent à la qualité même du tourisme. L’exploration et l’exploitation des ressources en hydrocarbures représentent aussi un secteur d’intérêt stratégique avec une généralisation des prospections. Si la découverte de gisement d’intérêt commercial représente une opportunité majeure pour l’économie nationale, elle soulève néanmoins un certain nombre de questions au regard de l’environnement. En effet les des puits. Parmi ces risques nous pouvons citer les impacts des études sismiques sur les organismes marins, notamment poissons et cétacés, le rejet de fluides toxiques et déblais de forage, le déversement des eaux de production et les pollutions aiguës dues à des accidents intervenant pendant le forage, le stockage ou le transport. Le Sénégal en ce moment, en est au stade de la prospection. Toutefois, pour ce qui concerne le transport d’hydrocarbures, plus de 90 000 0000 de tonnes d’hydrocarbures transitent par les côtes sénégalaises. Les modèles de dérive des nappes élaborés par la Compagnie pétrolière Woodside en relation avec le champ de Chinguetti, actuellement en cours de production au large de la Mauritanie, montrent des probabilités d’impact sur les côtes allant du golfe d’Arguin jusqu’à Dakar, en cas d’accident. La surexploitation des ressources halieutiques constitue également un problème au niveau de l’environnement marin et côtier. En effet, si une partie de la fluctuation des biomasses peut s’expliquer par les changements du régime des upwellings, la baisse des captures s’explique par un effort de pêche excessif, que ce soit dans le sous-secteur industriel ou artisanal. A cette surcapacité vient s’ajouter la présence de flottes illicites non déclarées et non réglementées. L’utilisation de certains engins ou pratiques de pêche contribue à aggraver la situation : la pêche crevettière est à l’origine de prises accidentelles qui représentent jusqu’à 85 % du total des captures, incluant des espèces protégées comme les tortues marines, et qui sont rejetés à la mer . Les chaluts de fonds, qui vont pêcher jusqu’à 800 m de profondeur, ainsi que les dragues à coquillages entraînant des dégâts structurels sur les écosystèmes De plus l’influence des marchés à l’exportation exerce des pressions sélectives sur certaines espèces, les espèces démersales de poissons, céphalopodes étant les plus recherchées sur le marché. Les changements climatiques ont également des impacts négatifs sur l’environnement marin et côtier. On sait que l’élévation du niveau marin aura des répercussions directes sur les installations humaines littorales ainsi que sur les écosystèmes insulaires et côtiers. Des zones de mangroves entières qui ne disposent pas des conditions écologiques pour s’adapter peuvent disparaître, entraînant des risques accrus d’érosion et d’inondation. Ces mêmes risques se multiplient avec la fréquence accrue des épisodes météorologiques exceptionnels tels que les ondes de tempêtes capables de drosser les pirogues à la côte ou de provoquer la rupture de cordons dunaires. On sait par ailleurs que le réchauffement de la température des mers influe négativement sur la productivité des océans et la dynamique des courants tels que le courant profond originaire de l’antarctique et qui exporte vers le Sénégal et les autres pays de la sousrégion des sels nutritifs présents dans les upwellings. On observe également une diminution de la puissance des alizés qui pourrait avoir des répercussions directes sur la force des upwellings et donc sur la productivité des pêcheries et du milieu marin en général. La stratégie de réponse proposée combine une protection des zones côtières importantes et un reboisement des dunes littorales dans les secteurs de la côte nord et de la Flèche de Sangomar particulièrement menacés. L’évaluation économique de cette stratégie montre qu’elle est coûteuse mais nettement en deçà de la valeur économique des terres qu’elle sera amenée à protéger. Des efforts complémentaires devront cependant être faits pour évaluer le coût d’autres solutions de protection telles que le nourissement artificiel des plages. Par ailleurs, la stratégie envisagée ne répondant qu’à l’un des impacts des changements climatiques, à savoir les inondations, toute une série de mesures dites d’accompagnement ont été suggérées qui visent à diminuer la vulnérabilité en gérant mieux les ressources présentes dans la zone côtière, en développant les techniques de récupération des sols salés et en prenant des mesures législatives et institutionnelles appropriées. Enfin, il est très important de souligner que ces différentes mesures ne devraient être envisagées que dans un cadre plus global de gestion intégrée des zones côtières, seul à même d’assurer la participation de l’ensemble des acteurs concernés, l’éducation, la recherche et l’information environnementales mais aussi la cohérences et le suivi des mesures.
URI: http://hdl.handle.net/1834/2884
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